Le projet d’interdiction de la publicité en optique (et en audio) est écarté
Le ministère de la Santé a confirmé aux organisations professionnelles qu’il suspendait le projet d’arrêté envisageant une interdiction générale de la publicité dans les secteurs de l’optique et de l’audio. Pour autant, ce n'est pas un blanc-seing accordé par les pouvoirs publics : des règles déontologiques sectorielles en matière de communication doivent voir le jour.
« Dans le cadre des concertations lancées par la DSS [Direction de la Sécurité Sociale], nous avons senti le secteur s’emparer de ces enjeux de fraudes et de communications abusives qui nuisent à la qualité des soins ; nous avons écouté et, pour le secteur de l’optique, nous écartons le projet d’arrêté afin d’étudier l’ensemble des options intéressantes proposées ». C’est en ces termes, hier soir 23 septembre, que le ministère de la Santé a finalement annoncé à ses interlocuteurs de l'optique le retrait de son projet d’interdiction. Cette même décision a été officialisée, ce jour, pour le secteur de l’audio. « Nos propositions d’encadrement et de régulation, à travers une charte d’engagements, ont été entendues et convaincantes », se réjouit Jean-François Porte, le président du Rassemblement des opticiens de France (ROF), monté au créneau dès l’apparition du projet d’arrêté, tout comme les industriels et les enseignes. « Nous avons collectivement la responsabilité de mieux encadrer certaines pratiques et de construire des règles exigeantes et applicables à tous », déclare le porte-voix du ROF qui veut croire en « une régulation déontologique ambitieuse ».
Car la décision des pouvoirs publics n'est pas un retour, en effet, au statu quo. Jugées abusives, certaines pratiques publicitaires ayant cours depuis des années appellent, aux yeux du ministère, un encadrement strict. Sont notamment épinglées les communications du type "un appareil [audio] acheté, un cadeau offert", ou des relances par SMS lors de la date d’anniversaire du porteur… Sous la supervision de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), des règles déontologiques sectorielles adaptées à l’optique devront bientôt voir le jour. Selon nos informations, un groupe de travail spécifique au sein de cet organisme de régulation - qui a vocation, rappelons-le, « à promouvoir une publicité saine, véridique et loyale ainsi qu'une communication responsable » -, un groupe de travail, donc, va concrètement s’emparer de ce dossier dès le 8 octobre…
Du côté des soutiens au projet de suppression de la publicité en optique, on se dit déçu par l’option retenue par le ministère. Pour la Fédération nationale des opticiens de France, seule favorable au projet d’arrêté initialement sur la table, « le gouvernement a raté le coche. Il aurait pu choisir de valoriser et d’ancrer notre rôle de professionnel de santé, au lieu de quoi il prend une mesure qui n’est, en réalité, qu’une demi-mesure confortant hélas notre seule casquette de commerçant », regrette Hugues Verdier-Davioud, le patron de la "Fédé". Et l'intéressé d'ajouter, un brin narquois : « Maintenant, j’attends de voir si le gouvernement sera assez fort pour sanctionner concrètement les dérives constatées. »
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