Exaspération des orthoptistes, qui interpellent la ministre de la Santé dans une lettre ouverte
Le Syndicat national autonome des orthoptistes (SNAO) adresse une lettre ouverte à la ministre de la Santé Stéphanie Rist, dont il attend plusieurs décisions pour sécuriser l’avenir de cette profession.
C’est une lettre ouverte qui ne fait pas moins de cinq pages et qui fait entendre l’exaspération grandissante du Syndicat national autonome des orthoptistes (SNAO). Sa signataire, Mélanie Ordines, présidente de l’organisation professionnelle, s’adresse à la ministre de la Santé et la presse de prendre plusieurs décisions pour améliorer la situation des orthoptistes à l'avenir. L’instance syndicale réclame en premier lieu la publication du protocole Muraine rénové d’ici la fin de l’année. Pour mémoire, rappelons que ce protocole de coopération en santé visuelle entre ophtalmologistes et orthoptistes, validé par la Haute Autorité de santé (HAS) dès octobre 2023, n’est toujours pas entré en vigueur. Faute de décret d’application, il n’y a pas de mise en œuvre effective…
Autre demande du SNAO : l’ouverture de négociations conventionnelles avec l'Assurance maladie dès le premier trimestre 2027. « Ces négociation ne peuvent plus attendre », fait valoir Mélanie Ordines qui met en regard les charges croissantes qui pèsent sur les orthoptistes - « Les exigences techniques, administratives et organisationnelles se multiplient », dit-elle - avec des rémunérations qui ne suivent pas, elles, cette évolution. D’où l’urgente nécessité, selon le SNAO, de revaloriser des actes, de mettre en place des indemnisations consistantes pour les déplacements (à domicile, en Ehpad…) et d’apporter un soutien concret aux investissements et à l'installation des professionnels.
L’accès direct aux orthoptistes fait également partie des revendications du syndicat. Melanie Ordines le justifie au nom de la « cohérence ». Elle s’en explique ainsi : « Aujourd'hui, l'accès direct aux orthoptistes repose sur des dispositifs dont les limites d'âge et les conditions sont devenues difficiles à comprendre pour les familles. Un dépistage entre 9 et 15 mois, un autre entre 2 ans et demi et 6 ans, un bilan visuel entre 16 et 42 ans… Cette complexité administrative n'est pas une garantie supplémentaire de sécurité. Elle peut, au contraire, devenir un frein à la prévention et retarder l'entrée dans un parcours de soins adapté », argumente la porte-voix du SNAO.
La quatrième et dernière demande portée par l’instance représentative des orthoptistes concerne leur visibilité dans les outils d'orientation des patients, notamment les plateformes de prise de rendez-vous. « Doctolib a profondément transformé l'accès aux rendez-vous médicaux en France. Nous ne contestons pas cette avancée. Mais une décision prise il y a plusieurs mois concernant le référencement des orthoptistes réalisant des bilans visuels dans le cadre des protocoles de coopération a considérablement réduit leur visibilité auprès des patients. Comment comprendre qu'un outil devenu central dans l'orientation des patients puisse rendre moins accessibles des professionnels qui ont précisément contribué à réduire les délais de prise en charge ? », peut-on lire dans cette lettre ouverte. « Les orthoptistes ne demandent aucun privilège. Ils demandent simplement que leurs compétences, leurs actes et leur rôle dans les parcours de soins soient identifiables et accessibles aux patients », insiste le syndicat.
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