« De quoi je me mêle ? » pour paraphraser Michel-Édouard Leclerc, commerçant engagé dans la défense des consommateurs* et qui s’agace souvent des incongruités et des gesticulations d’une classe politique française engoncée dans des postures démagogiques faute d’actions pertinentes. Ainsi, pourquoi vouloir interdire la publicité en optique ? 

Le commerce des équipements en optique et en audition est dans le secteur concurrentiel, ouvert, libre et contrôlé qui implique que tous les acteurs doivent montrer leur différence, démontrer que leur offre est meilleure que celle du voisin. Rien de choquant à cela, sauf à considérer que les opticiens sont des pousse-au-crime dont un des objectifs (le seul ?) est de vendre toujours plus d’équipements sur le dos des assurés et des mutuelles... Un raccourci malheureux qui fait l’impasse sur les progrès conséquents en optique-lunetterie et en audition depuis des décennies dont profitent les porteurs. Un opticien indépendant est un commerçant de proximité comme un boulanger ; derrière une enseigne publicisée, ce même opticien ne perd pas son bien-fondé, il gagne en notoriété et en part de marché. Plus encore, il profite des innovations technologiques et esthétiques promues par un marketing informatif et par ricochet prend en compte la santé visuelle et auditive des porteurs dont les attentes et les besoins changent. 

La concurrence stimule les (r)évolutions en optique et audio et les promeut avec des produits et des prix d’appel, indispensables pour des porteurs soucieux de leur pouvoir d’achat et en recherche de diversité. Le gouvernement semble méconnaître cette réalité et devrait s’informer sur la cohérence, certes toujours perfectible, d’un secteur marchand en croissance régulière et non délocalisable. Si les opticiens perdent leur statut de commerçant pour devenir des acteurs de santé optique et audio (ce qu’ils sont déjà en partie…), et si les grandes enseignes - qui assurent près de 70 % du chiffre d’affaires sur un total de 7,3 milliards d’euros en 2025, selon la société d’études et de conseils Epsimas - ne peuvent plus communiquer sur leurs spécificités, faut-il craindre une uniformisation du marché et un recul du chiffre d’affaires, alors que la France, encalminée par des dettes abyssales, manque de croissance pour sortir de l’ornière ? 

* De quoi je me M.E.L., le blog de Michel-Édouard Leclerc. 

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