Fraude présumée : l’affaire (de trop ?) qui pollue la réputation de la profession
Rendue publique par nos confrères de Challenges, une affaire d’escroquerie et de blanchiment présumés en bande organisée dans le secteur met en cause plusieurs opticiens, prescripteurs et dirigeants de centres de santé de Paris et des environs. L’écho médiatique donné à cette enquête va une nouvelle fois ternir la réputation de la profession, déplorent des opticiens et responsables syndicaux que nous avons pu interroger au Silmo.
Désormais largement documentée par nos confrères de la presse généraliste, l’affaire de l’entente présumée, au détriment des mutuelles pour plusieurs dizaines de millions d’euros depuis 2023, entre opticiens, ophtalmos, responsables de centre de santé et assurés, est sortie en plein Silmo, ce week-end. La parution d’un article de Challenges a plombé la bonne humeur des acteurs du secteur qui sortaient à peine, dans un tout autre registre, d’une séquence tendue avec les pouvoirs publics. « L’optique-bashing va encore reprendre, c’est reparti pour un tour ! », se désole une opticienne de province, accablée par l’écho médiatique qui entoure, déjà, cette enquête au long cours impulsée il y a près d’un an par la section économique et financière du parquet de Paris. « Encore un scandale », « il faut assainir définitivement la profession », « ras-le-bol de trinquer à cause du comportement de certaines brebis galeuses », telles sont quelques-unes des réactions que nous avons pu recueillir dans les allées du salon. De tous côtés l’embarras est évident, car ce système supposé de remboursements frauduleux porte un vrai préjudice réputationnel à l’ensemble du secteur.
« Ce sont des dérives isolées contre lesquelles nous ne cesserons pas de lutter », nous a confié Jean-François Porte, à la tête du Rassemblement des Opticiens de France, soucieux de l’image irréprochable à renvoyer aux pouvoirs publics. « C’est une affaire dont on se passerait bien parce qu’elle nuit une fois plus, comme d’autres avant elle, à l’intégralité de la profession », déclare pour sa part Hugues Verdier-Davioud, le président de la Fédération nationale de France qui a d’ailleurs apporté ses lumières, notamment juridiques et réglementaires, aux enquêteurs en charge des investigations portant sur les pratiques illégales actuellement mises au jour. La "Fédé", qui a confirmé ces jours-ci au parquet qu’elle se constitue partie civile dans ce dossier, estime qu’il y a décidément urgence à mettre en place des solutions de conformité et de traçabilité. À l’heure où l’État fait plus que jamais de la lutte contre la fraude une priorité, cette énième affaire pourrait-elle influer d’une façon ou d’une autre sur des décisions politiques à venir, sur certains arbitrages ? « On peut le craindre », s’inquiète Hugues Verdier-Davioud. En tout cas, le traitement de cette affaire va s’étirer au moins jusqu’au printemps prochain : si la mise en l’état de la procédure aura lieu dès décembre 2026, l’examen au fond, lui, n’interviendra en effet pas avant mai-juin 2027.
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