Les patrons de TPE aspirent à un remaniement ministériel. Pour eux, la situation économique continue de se dégrader et engendre un optimisme au plus bas depuis 2000, indique la 50ème édition du Baromètre des TPE.

La 50ème édition du Baromètre des TPE, l’enquête de conjoncture trimestrielle réalisée par l’IFOP pour Fiducial auprès des Très Petites Entreprises fait état d’une désillusion des chefs d’entreprise face aux mesures gouvernementales et aux chances de reprise de la croissance d’ici à la fin du quinquennat. Face à cette situation, ils sont nombreux à déclarer souhaiter un changement de premier ministre. La possibilité d’un remaniement ministériel récemment évoquée par le président de la République, est souhaitée par 68 % des patrons de TPE. Dans l’hypothèse de sa concrétisation, seuls 5 % des patrons interrogés souhaitent voir Jean-Marc Ayrault reconduit au poste de premier ministre qui se voit largement devancé par Manuel Valls (22 %), François Bayrou (20 %) et dans une moindre mesure par Martine Aubry (9 %). Au-delà de la question des personnalités politiques, les chefs d’entreprise appellent de leurs vœux à un changement du profil des ministrables. Ainsi, 79 % souhaitent voir entrer au gouvernement des personnes de la société civile, et plus particulièrement à la tête des ministères économiques et du travail : 93 % pour le ministre délégué en charge des PME, de l’innovation et de l’économie numérique, 91 % pour le ministre de l’artisanat, du commerce et du tourisme, 81 % pour le ministre du travail et 64 % pour le ministre de l’économie et des finances.  

Au regard de ces enseignements, Jean-Marc Jaumouillé, Directeur des techniques professionnelles de Fiducial, souligne : « Après plusieurs mois d’errements et d’erreurs, la perte de confiance des patrons de TPE dans le président de la République et son gouvernement est totale. Ils sanctionnent lourdement leur premier bilan et appellent à un sursaut de l’exécutif. Le lien semble rompu pour longtemps, c’est pourquoi ils souhaitent un remaniement. Ils en attendent des réformes en profondeur, des lignes claires, seules susceptibles de remettre notre économie dans le sens de la marche. Ils ont besoin d’un choc de confiance, d’avoir des perspectives pour investir et embaucher. » Lorsqu’il a été demandé aux patrons de TPE de juger le premier bilan des ministres de tutelle des petites entreprises, 72 % ont déclaré ne pas connaître Sylvia Pinel et 50 % Fleur Pellerin. Avant même de citer leur nom, uniquement 5 % des chefs d’entreprise estimaient être en mesure de nommer le nom du ministre en charge des PME.  

14 %, pas davantage : c’est la cote de confiance actuelle de l’exécutif auprès des patrons de TPE, soit le plus mauvais score enregistré depuis la création du baromètre en 2000. Seul le gouvernement Raffarin, en 2005, a connu une telle déconsidération, mais après trois ans d’exercice du pouvoir. Depuis le début du mandat de François Hollande, l’érosion continue de cet indicateur a engendré une chute de 18 points. Dans le détail, les griefs envers le président de la République et son gouvernement sont nombreux, avec en ligne de mire les enjeux du renforcement du pouvoir d’achat, de la lutte contre le chômage et de relance de la croissance, pour lesquels 90 % des patrons de TPE jugent l’action présidentielle de façon
négative. Les chefs d’entreprise jugent aussi :
- à 70 % que le rythme des réformes est trop lent.
- à 88 % que les mesures prises sont en décalage avec les priorités des Français et inaptes à améliorer
la situation de l’emploi (84 %), à parvenir à l’équilibre budgétaire (82 %), à recréer une dynamique
entrepreneuriale (81 %) ou à relancer la croissance (79 %) d’ici 2017.
- à 82 % que le projet du chef de l’état manque de clarté et à 76 % d’ambition.   
Seuls domaines encourageants pour le gouvernement, les petits entrepreneurs approuvent largement l’extension du crédit impôt recherche (82 %), les contrats de génération (76 %), ainsi que la création du PEA-PME (75%) et de la bourse des PME (71%).
 
Bref, les petits entrepreneurs broient du noir. Jamais, depuis la création du Baromètre des TPE, le moral des patrons n’avait été si bas. L’optimisme pour la situation générale en France, déjà à son niveau le plus faible depuis 2000 lors des deux dernières vagues d’enquête, continue de se dégrader pour s’établir à 16 % (-12 points depuis avril 2012). De même, ils ne sont que 43 % à se montrer positifs sur leur activité (-8 points en un an).  Cette montée des inquiétudes va de pair avec une nouvelle diminution du chiffre d’affaires des TPE, à  -0,8% en trois mois.

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