Dans mon précédent billet sur ce blog, j’ai essayé de mettre en avant les effets positifs de la crise sanitaire sur les problématiques-métier de l’opticien et sur son activité en terme de flux de clientèle. À la faveur de cette période si particulière, son ancrage santé dans le parcours de soins s’est indiscutablement renforcé et l’optique est un des commerces qui, comme d’autres, a bénéficié de l’effet massif de rattrapage économique. Tous les observateurs du secteur s’accordent toutefois à le dire : l’euphorie de la reprise est maintenant derrière nous. Les opticiens doivent donc se préparer à un retour à la réalité. Ce que je veux dire par là ? Que le marché va reprendre un cours plus normal, moins soutenu que pendant la sortie de crise où des réserves de liquidités liés à l’épargne étaient largement disponibles (faute de dépenses en restauration, voyages, loisirs pendant un an, etc.) ; on l’observe d’ailleurs déjà, le rythme se ralentit. Autrement dit, cette normalisation implique un retour des arbitrages budgétaires chez les consommateurs. De nouveau les clients vont prioriser, ou non, l’achat optique dans leurs dépenses. En ce moment, selon nos données, le reste-à-charge moyen pour les équipements unifocaux s’établit à 87 euros ; et il s’élève à 162 euros pour les progressifs. Toujours selon les sondages que nous effectuons pour nos enquêtes, 56 % des Français veulent dépenser moins de 100 euros pour leur reste-à-charge, 29 % acceptent entre 100 et 250 euros et 15 % au-delà de 250 euros…
 
Dans la mesure où les achats optiques des Français sont encore et toujours très dépendants des niveaux de remboursements des complémentaires santé, d’une part, et dans un contexte de retour à la normale d’autre part, l’opticien a dès lors tout intérêt à muscler toutes les dimensions de son atout premier – le conseil –, pour se démarquer. Les consommateurs se déclarent en effet de plus en plus sensibles aux marques de qualité et innovantes, aux produits Origine France Garantie ainsi qu’à l’écolo attitude. Ils attendent aussi, pour 58 % d’entre eux, que l’opticien les conseille activement sur le choix de leurs montures. Si l’aspect ‘opticien de santé’ compte beaucoup à leurs yeux, le côté ‘opticien de mode’ revêt aussi pour eux une grande importance. Enfin, plus de 7 sondés sur 10 dans nos études plébiscitent la prise de rendez-vous en amont pour être sûrs de bénéficier d’un moment qui leur est vraiment dédié en magasin et, donc, d’une expérience-client personnalisée. Bref, c’est sans nul doute le conseil, valeur cardinale et à facettes multiples du métier de l’opticien, qui peut, à l’heure du retour à la normale et à l’hyper-concurrence, permettre à chaque opticien de créer les conditions propices à son développement.

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