Maintenant que l’on a un peu plus de recul sur l’impact de la crise sanitaire sur l’activité des opticiens, je crois qu’on peut dire que cette période si particulière a eu un effet globalement positif sur les problématiques métier. En raison des différentes contraintes liées à la crise sanitaire, le parcours du consommateur a évolué et, par ricochet, ses comportements d’achat aussi. La saturation post-confinement chez les ophtalmologistes a clairement libéralisé le flux vers l’opticien. Flux rendu possible, rappelons-le, par un cadre réglementaire, le décret de 2016 sur le renouvellement, sous conditions, de l’ordonnance. Cette réorientation des porteurs vers les opticiens a mécaniquement fait exploser la prise de rendez-vous en ligne. Près de 80 % des 5 000 porteurs d’équipements que nous avons interrogés dans notre Observatoire « Les Français et la vue » se montrent ainsi intéressés, désormais, par la réservation en ligne d’un créneau horaire chez l’opticien en vue d’un achat. De ce fait, le statut de l’outil Internet a changé : jusque-là faiblement utilisé comme moyen de consultation (chercher de l’information) et encore plus marginalement comme vecteur d’achat, Internet est désormais principalement devenu un outil de mise en relation effective. Ce faisant, le système de la prise de rendez-vous a repositionné favorablement le métier d’opticien. La rencontre entre le professionnel et le consommateur potentiel devient un moment privilégié. Et dans ce cadre, les notions de vente accompagnée et d’expérience-client prennent tout leur sens.

Autre effet positif induit par la crise sanitaire : le recours grandissant à l’opticien pour faire régulièrement contrôler sa vue. Sur l’année écoulée, 25 % des consommateurs sondés par nos soins, toujours pour les besoins de notre Observatoire, déclarent avoir fait contrôler leur vue chez l’opticien. On peut penser que ce chiffre va progresser, et si progression il y a à l’avenir, comme je le pense, ce sera un signe de plus que l’opticien n’est plus seulement perçu comme un transactionnaire (c’est-à-dire, au fond, juste comme un commerçant) mais bel et bien comme un professionnel de santé à part entière. Donc comme un interlocuteur qualifié. Ce qui ne peut que renforcer durablement le lien entre la population et la profession.

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