Depuis plus de vingt-cinq ans, les ophtalmologistes participent à nos études - et je les en remercie d’ailleurs vivement - sur bien des sujets de santé visuelle. Leur engagement constant à répondre à nos enquêtes a largement contribué à faire progresser, notamment, la compréhension de la prise en charge de la myopie évolutive. Comme je l’ai déjà évoqué dans plusieurs publications, je considère que la prise en charge de la myopie évolutive chez l’enfant constitue une véritable révolution dans la filière de l’optique. Cette avancée repose à la fois sur l’innovation des industriels — notamment à travers le développement de verres et de solutions thérapeutiques spécifiques — mais aussi sur la mobilisation croissante des ophtalmologistes en France. La démocratisation de ces nouveaux dispositifs repose évidemment en grande partie sur le niveau de leur prescription.  

Si nous disposons aujourd’hui d’un ensemble de solutions capables, à terme, de répondre à ce qui s’apparente de plus en plus à une épidémie mondiale de myopie, nos études mettent toutefois en lumière une réalité d’appropriation plus nuancée sur le terrain. En effet, les pratiques restent encore très hétérogènes, tant chez les ophtalmologistes que chez les opticiens. Du côté des ophtalmologistes, environ un tiers d’entre eux proposent des solutions de freination de la myopie à moins d’un tiers seulement de leurs jeunes patients concernés. Chez les opticiens, on observe également des niveaux d’engagement très variables, certains étant fortement impliqués dans ces nouvelles approches, tandis que d’autres restent encore en retrait. Cette disparité souligne un enjeu majeur : celui de renforcer la collaboration et l’accompagnement de l’ensemble des professionnels de santé visuelle. Il est essentiel de poursuivre collectivement, à l’échelle de la filière, les efforts de formation, de sensibilisation et de diffusion des bonnes pratiques afin d’assurer une prise en charge plus homogène et plus efficace de la myopie évolutive chez l’enfant. 

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