L’existence de la publicité sur les dispositifs optiques fait l’objet, on le sait, d’un débat non seulement au sein du secteur (avec les pour, les contre…)  mais aussi et surtout du côté du législateur. J’aimerais revenir ici sur l’étude que nous avons récemment réalisée sur ce sujet*. Il s’agissait de savoir comment, concrètement, les consommateurs perçoivent cette publicité. Le résultat bat en brèche une idée reçue : non, la publicité n’est pas ressentie comme une incitation à l’achat, comme beaucoup semblent le croire, mais perçue avant tout comme un vecteur d’information. C’est en tout cas ce que nous disent les sondés : près de 9 consommateurs sur 10 reconnaissent le rôle-clé de l’opticien dans la prévention de la santé visuelle. Plus d’un sur deux a vu une communication d’opticien au cours de l’année écoulée.

Pour eux, la publicité est avant tout un moyen utile pour informer sur le suivi visuel, connaître les offres, rappeler les contrôles réguliers et comparer les garanties et prix. Ils retiennent d’abord cette dimension informative, au sens large. Et le côté impulsion d’achat ? Insistons bien sur ce point, 75 % affirment que ces communications n’influencent ni la fréquence de renouvellement de leurs lunettes ni la rapidité de leur visite en magasin. Avec ces données à l’appui, il apparaît donc clairement que l’enjeu pour les opticiens est de (re)centrer la publicité sur la prévention, les garanties, les innovations techniques et la transparence tarifaire, afin de renforcer la confiance et la fidélisation plutôt que de chercher l’impulsion d’achat, à laquelle les gens sont visiblement peu sensibles. 

* Enquête pour le Rassemblement des opticiens de France. Questionnaire en ligne administré du 04/09/2025 au 18/09/2025 auprès d'un échantillon représentatif de la population française ; 3 001 consommateurs interrogés