Avec le recul de six mois, on peut tirer, pour le marché de l’optique, différents enseignements de cette période qu’on appelle désormais post-confinement. La crise sanitaire s’est clairement transformée en crise économique pour bien des secteurs – hébergement-restauration, tourisme, transports, culture… – mais pas pour l’optique ! Dès le déconfinement, le marché a très vite redémarré, et parfois très fort. Les arbitrages des consommateurs n’ont pas été faits au détriment des lunettes. Non seulement les clients n’ont jamais eu peur de revenir chez les opticiens, en magasins, mais en plus ils n’ont pas rogné leur budget. En témoignent les données, que je présente ici en avant-première,  de notre Observatoire 2020 : la valeur tient, on est sur le haut des moyennes en terme de dépense moyenne avec un prix moyen en unifocal de 304 euros (en progression de +5 %)  et de 551 euros (stable) en progressifs. Ce retour massif et soutenu des consommateurs dans les points de vente et le maintien à un haut niveau des achats indiquent que l’optique-lunetterie a été sanctuarisée dans le budget des ménages. Ce qui témoigne une fois de plus, si besoin était, que la lunette, et par extension le professionnel qui la délivre, ont bel et bien une dimension santé. Cette dimension est un atout car elle rend prioritaire cette part du budget des porteurs.

Cette priorisation s’explique sans doute par le fait que le marché de l’optique est pour ainsi dire subventionné par les complémentaires santé. Dans l’idée de bien des porteurs que nous interrogeons, le fait qu’ils soient remboursés les incite à se rendre facilement chez les opticiens. Bien sûr ils peuvent avoir un reste-à-charge, mais au regard du prix total de leur équipement ce n’est pas, pour eux, un frein. Le côté « sponsorisé » de ce marché via les mutuelles créé indiscutablement et durablement du flux en magasins, et c’est aussi pour cela que le secteur se montre aussi résilient… D’autre part, il y a un fait à souligner : la solide reprise d’activité du marché tient aussi certainement à l’appropriation, et par les opticiens et par leurs clients, des possibilités offertes par le décret de 2017. On parle, bien sûr, du renouvellement de l’équipement à partir d’une ordonnance en cours de validité. Voilà un levier que la situation post-confinement (cabinets ophta engorgés, pénurie d’ordonnances…) aura permis d’activer alors qu’il était rarement utilisé avant la crise. Tout ça pour dire que l’on voit actuellement bien plus qu’un simple phénomène de rattrapage ces derniers mois : on constate le dynamisme structurel de ce marché qui a su construire sa valeur autour de la santé mais aussi, et de plus en plus, autour du plaisir. J’insiste, et ce sera là ma conclusion, sur ce dernier point : puisque la valeur-santé est acquise dans l’esprit des consommateurs, c’est encore et toujours cette dimension-plaisir que les opticiens doivent travailler, enrichir et renouveler. À travers de nouvelles expériences-client, à travers des offres commerciales toujours mieux calibrées ou à travers des magasins qui font envie. 

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