L’offre 100 % Santé est avant tout le fruit d’une décision politique. D’en haut, on a voulu imposer une proposition commerciale qui, dans les faits, a bien du mal à s’imposer. Avec le recul d’une année sur son entrée en vigueur, on constate que l’offre représente moins de 20 % des ventes. Certains disent qu’elle va monter en puissance au fil du temps ; on peut en douter.  Pourquoi ? Parce que cette offre plus ou moins calibrée (comme vous le savez, le client a la possibilité de panacher paniers A et B) ne correspond pas vraiment aux besoins ni aux envies du porteur. Que veut le porteur, fondamentalement ? Un équipement qui lui permette de bien voir, évidemment, mais aussi, et surtout, un équipement qui lui plaise. Dans l’Observatoire que nous réalisons régulièrement sur la perception de l’optique par les Français, ils déclarent vouloir mettre à profit autrement leur budget mutuel. Si l’opticien fait le job, comme on dit, en présentant systématiquement – car c’est une obligation légale – l’offre 100 % Santé, bien des clients préfèrent opter pour quelque chose qui leur fasse vraiment plaisir tout en étant à la mesure de leurs capacités financières. L’addition du remboursement par la complémentaire et d’un éventuel reste-à-charge, moins subi d’ailleurs qu’on le dit, les fait généralement arbitrer pour un équipement hors cadre du 100 % Santé. Un reste-à-charge qui, rappelons-le, est relativement modéré en France avec 84 euros en unifocaux et 175 euros sur les progressifs… Et ce, rappelons-le aussi, tous les 3 ans, fréquence de renouvellement de leurs lunettes par les porteurs.  D’ailleurs, cet indicateur des 3 ans explique peut-être en partie le faible engouement des Français pour le 100 % Santé. Quand on change de lunettes à ce rythme, on a plutôt envie de s’orienter, sur les conseils avisés de l’opticien, vers un équipement coup de cœur. Cette donnée qui mélange l’esthétique et l’affectif est sans doute l’une des raisons qui explique le plafonnement  de l’offre 100 % Santé autour des 20 %. Une proportion dont on peut parier qu’à l’avenir elle évoluera à peine.

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