La proximité a toujours été au centre de nos préoccupations quotidiennes, non sans contradiction, tant nous avons une capacité à aller toujours plus loin pour produire, voyager, échanger, partager... Dans nos sociétés démocratiques, nous avons la chance de vivre sans contrainte spatiale, physique et sociale. Or le confinement oblige à une mise à distance, à réduire la proximité à une triangulation inédite : les proches, les écrans multiples et les commerces essentielles, alimentaires principalement. Dans cette période de proximité subie (ou de promiscuité éprouvante pour certains), nous avons la chance de profiter des formidables progrès technologiques qui nous connectent avec le monde, avec les autres, et nous détache de la contrainte spatiale. Imaginez le même confinement, à la fin du siècle dernier (c’était hier !), sans smartphone, tablette et internet...

Télétravail, téléformation, téléconférence, télé-éducation, télémédecine… : la proximité via les écrans interposés connaît un boom incroyable. Jusqu’à des salles de sports et des coachs qui proposent des cours sur Facebook ou Instagram, ou encore des animateurs télé qui poursuivent la diffusion de leur programme en direct depuis leur canapé ! Dans ce même élan de téléproximité qui ne connaît pas de limite, le e-commerce qui croît année après année, accélère fortement depuis les mesures de confinement. Selon l’institut Nielsen, la semaine dernière, la livraison à domicile a progressé de 72,2 % par rapport à la même période de 2019. Une croissance qui profite évidemment aux produits du quotidien, mais pas seulement. Cette téléproximité à grande échelle va modifier les futurs comportements des individus qui, pour beaucoup, découvrent des alternatives et devraient faire évoluer leur mode de consommation avec une nouvelle gestion temporelle et spatiale, en équilibrant une proximité choisie (les achats plaisir) et une proximité supportée (les achats utilitaires). Une telle distinction va se confirmer avec l’hécatombe qui se profile dans le commerce physique et va transformer la physionomie de nos espaces marchands.

Les opticiens sont au milieu du gué. La grande majorité des clients se rendent dans un magasin d’optique par nécessité, avec une ordonnance en main, ce ne sont pas des magasins de destination shopping. Et ils sont digitalisés a minima. L’événement sidérant qui paralyse le monde est l’occasion de rappeler que les progrès technologiques (et scientifiques) participent au progrès humain et facilitent nos interconnexions, de près comme de loin. L’occasion de rappeler aux opticiens que les lunettes peuvent aussi se vendre sur internet, en créant des liens contigus et continus avec leurs clients et avec les magasins, sans rupture spatiale ni temporelle.

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