Suite aux émeutes, les signalements de dommages se multiplient. Ce matin, une première réunion de crise avec le ministère du Commerce et les assureurs a permis, dans un premier temps, de constater le périmètre du préjudice dont certains opticiens sont victimes. 

Sur la base des remontées d’informations transmises à la Fédération nationale des opticiens de France (FNOF), on commence à prendre la mesure de l’étendue du préjudice qui frappe la profession après les émeutes urbaines de ce week-end. Si de nombreux magasins d’optique ont été touchés un peu partout en France (une estimation nationale reste toutefois encore à affiner), c’est surtout dans les grandes villes que les opticiens ont le plus « morflé », pour citer différents interlocuteurs de notre rédaction : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Lille mais aussi Rouen, Rennes ou Montpellier. Citons également Brest, Poitiers, Nemours ou encore Vaulx-en-Velin. Ceux qui ont signalé un sinistre possèdaient généralement un magasin situé sur un axe urbain fortement fréquenté, et donc plus exposé à une déferlante d’émeutiers.

Dans la majorité des cas qui ont été d'ores et déjà notifiés à la FNOF, plus de 80 % des commerces impactés ont les mêmes caractéristiques en termes de préjudice : les boutiques devront être remises en état presqu’entièrement… Et pour cause : le mobilier a été démoli ou incendié, le parc informatique détruit ou volé, le stock volatilisé, les machines détériorées. Dans certains cas, même les péniches ou les luminaires ont été dérobés. Une vraie razzia. Dans ce contexte d’extrêmes dégradations, les entreprises lourdement touchées sont ainsi en péril, avec « un risque critique de défaillance sous 30 jours », insiste le syndicat d’opticiens. Précisons aussi que plus d’une centaine de salarié.e.s, pour le recensement effectué à date, se retrouve de fait sans activité.

Ce matin, lors d’une réunion de la Confédération Nationale de l'Artisanat des Métiers et des Service (CNAMS) - une instance qui représente la FNOF dans les discussions avec l’État lors de situations comme celles des émeutes actuellement ou des incendies massifs cet été, dans les Landes -, le ministre du Commerce Serge Papin a pris la mesure de l’étendue des dégâts, pertes d'exploitation et conséquences sur l’emploi auxquelles font face les commerçants, opticiens y compris. Les représentants des assureurs participaient également à cette rencontre. Selon le compte-rendu de cette réunion dont notre rédaction a pris connaissance, le ministre a exigé que les dossiers concernant le vol de marchandises soient traités en priorité par les compagnies. « Il a été demandé [aux commerçants] de procéder dans les meilleurs délais à une plainte pour vol, première étape indispensable pour l’ouverture du dossier d’indemnisation », peut-on lire dans la note de synthèse de cette réunion. Et s’agissant des dégradations et pertes d’exploitation ? Sur ce point, tout dépend du contrat signé et des garanties incluses dans le contrat, « sachant que le "trouble à l’ordre public" n’est pas un motif d’indemnisation dans la plupart des contrats souscrits ». 

Selon nos informations, une nouvelle réunion doit avoir lieu demain, dont l’ordre du jour sera élargi, espère la CNAMS, à la nature des aides potentielles pour les entreprises vandalisées et pour le chômage partiel des salariés. Le cercle des participants sera d’ailleurs lui aussi étendu : outre le ministre du Commerce Serge Papin, Roland Lescure et Jean-Pierre Farandou, respectivement ministres de l’Économie et du Travail, en seront également partie prenante. En vue de cet échange à venir avec les membres du gouvernement, la FNOF insiste sur le fait qu’il lui faut remonter un maximum d’éléments - à l’adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - pour encore mieux préciser les contours de la situation des opticiens sinistrés. 

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