Télé-expertise en optique : le syndicat des ophtalmos durcit (encore) le ton
Le SNOF a encore et toujours dans son viseur certaines plateformes de télé-expertise dont il conteste plus que jamais les pratiques. Sa nouvelle prise de position aujourd'hui vise à maintenir la pression sur le législateur, et ce d'autant plus à l’heure où le ministère de la Santé semble vouloir clarifier la situation sur l’utilisation de la télémédecine, en général, dans la filière visuelle.
Le syndicat des ophtalmologistes persiste et signe. Dans la continuité d’un article très discutable de notre confrère Le Point qui fait beaucoup parler depuis trois jours, le président du SNOF Vincent Dedes réitère sa position contre ce qu’il désigne comme des « dispositifs de pseudo télé-expertise », sans citer nommément personne dans un communiqué. Le représentant de l’instance syndicale a des mots très durs puisqu’il parle de « dévoiement de la télé-expertise en optique », de « pratiques frauduleuses », « de dérives commerciales »...
Pourquoi cette énième prise de position aujourd’hui ? Deux éléments de contexte sont à prendre en compte : d’abord, la ministre de la Santé - dans cet article du Point justement - a déclaré qu’elle avait bien conscience de « dérives » et que « certaines pratiques [en matière de télémédecine dans la filière visuelle] ne répondent pas du tout aux exigences de qualité et de pertinence », sans toutefois donner plus de détails. Des propos qu’elle avait d’ailleurs déjà tenus, en des termes similaires, lors de la restitution des conclusions des Assises nationales de la télémédecine, fin janvier. Autre élément de contexte à considérer : l’examen à l’Assemblée nationale, à partir de la semaine prochaine, du projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Cette double toile de fond politique explique en partie que le SNOF communique à nouveau en ce moment sur le sujet ; il entend ainsi maintenir la pression sur le gouvernement et le législateur. Voilà aussi pourquoi, très concrètement, l’organisation représentative des ophtalmos énumère différentes propositions de nature, selon elle, à « encadrer strictement la télé-expertise » :
« • la mise en place d’un agrément obligatoire des sociétés de télé-expertise, sur le modèle de celui existant pour les sociétés de téléconsultation ;
• le renforcement de la traçabilité des modalités d’obtention des prescriptions médicales ;
• la transmission encadrée de l’historique des prises en charge aux organismes complémentaires ;
• le déploiement d’outils sécurisés de traçabilité de la prescription à la délivrance, reposant sur une gouvernance conjointe de l’ensemble des acteurs concernés (prescripteurs, fournisseurs d’équipements, financeurs…) ;
• l’amélioration des échanges d’informations relatives au parcours de soins entre l’Assurance maladie et les organismes complémentaire ;
• le respect strict des référentiels de la Haute Autorité de Santé et des Conseils Nationaux Professionnels. »
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