Blacksheep : et maintenant les lunettes connectées à prix cassés…
Après les montures optiques (et même les vêtements !), la tonitruante plateforme Blacksheep propose désormais des lunettes connectées à des tarifs qui se veulent « imbattables ». Cette approche low-cost coupe-t-elle l’herbe sous le pied des opticiens qui commencent seulement à s’intéresser sérieusement à ce segment de marché ?Â
Blacksheep a décidément plus d’un tour dans son sac. La plateforme, rappelons-le, s’est d’abord fait connaître avec l’ambition de « casser le marché de l'optique en divisant les prix par trente », comme l’expliquait à nouveau ces derniers jours son fondateur le Français Pierre Wiseman, qui est installé à Hong-Kong, au micro de nos confrères de BFM. Puis le site, qui met en relation directe - donc sans intermédiaire - le client et les usines chinoises, s’est positionné aussi sur le marché de la mode vestimentaire, avec l’ambition de crânement concurrencer le mastodonte Shein… Aujourd’hui, Blacksheep investit également le segment émergent des lunettes connectées, avec des modèles, urbains (photo) ou plus sportifs, dont les tarifs oscillent autour de 50 euros. « C’est une énorme tendance », constate Pierre Wiseman, toujours dans cette récente interview accordée à BFM. « On est les plus compétitifs sur le marché », assure le fondateur de la plateforme, à propos de ces lunettes qui intègrent des fonctionnalités du type téléphonie, musique, production de contenus (vidéos, photos), traduction en temps réel, etc. Et moyennement un supplément de quelques euros, ces lunettes "augmentées" peuvent même être mises à la vue…Â
Alors que de plus en plus d’acteurs de la distribution optique, dans le sillage ou en marge d'EssilorLuxottica, misent sur les lunettes connectées pour trouver un nouveau relais de croissance, l’approche résolument low-cost de Blacksheep ne va-t-elle pas les priver, en le tuant dans l’oeuf, d’un levier de développement stratégique ? Autrement dit, le segment des lunettes connectées, qui commence tout juste à se structurer sur le marché de l’optique traditionnelle, pourrait-il échapper aux opticiens ? Réaction épidermique oblige, la question se pose évidemment tout de suite. En réalité, si on y regarde d'un peu plus près, il n’est pas certain que la concurrence de Blacksheep nuise tant que ça à la consolidation de ce segment, en magasins, du moins sur la durée. Dans l’immédiat, il y a sans doute un évident effet d’appel qui profite à Blacksheep, car bon nombre de clients (même si aucun chiffre de ventes ne circule) sont sûrement attirés par le positionnement-prix très avantageux de ce produit avec technologie embarquée.
Mais sur un plus long terme, peut-être faut-il plutôt voir dans la médiatisation des lunettes connectées actuellement boostée par Blacksheep un effet accélérateur qui, probablement, bénéficiera à tous les acteurs du secteur, opticiens compris. À condition que ces derniers proposent de la valeur ajoutée sur ce type de produits estampillés tech. De fait, et sans méthode Coué, on peut raisonnablement penser que s’il y a réelle démocratisation des lunettes connectées, les opticiens sauront se démarquer avec des produits techniquement plus évolués, des verres plus personnalisés ou encore une offre plus stylisée, plus pointue, bref, « surclassée » comme on le dit dans le jargon du secteur automobile…Â

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