Faisant front commun avec d’autres organisations professionnelles hors optique, la Fédération nationale des opticiens de France se veut toujours en première ligne dans l’épineux débat entourant l’article 5 du projet de loi anti-fraudes sociales et fiscales. 

Alors que le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales entre dans la dernière phase de son examen au Parlement, la Fédération nationale des opticiens de France (FNOF) maintient la pression médiatique contre l’ouverture de l’accès aux données médicales. Et elle n’est pas seule dans son combat ; à ses côtés aujourd'hui, on trouve d’autres organisations professionnelles, à savoir le Syndicat des Femmes Chirurgiens-Dentistes, l’Union Française pour une Médecine Libre, la complémentaire santé La Médecine Libre ainsi que l'association Médecins pour Demain. « Les données de santé dépassent de loin le petit écosystème de la lunette », martèle Hugues Verdier-Davioud, le président de la "Fédé", qui a impulsé ce mouvement collectif. Ce front commun, qui va donc bien au-delà de l’optique, entend montrer à quel point le sujet de la diffusion des données de santé aux complémentaires et à leurs prestataires n’est pas seulement, selon lui, un débat technique mais un enjeu éthique. Dans un communiqué commun, les signataires réitèrent ainsi leur vive inquiétude quant au possible accès « des acteurs privés et commerciaux à des informations médicales ». Ils craignent même une « atteinte sans précédent au secret médical ». Une position, rappelons-le, que contestent vigoureusement depuis des mois les représentants de l’APFS (l’organisation représentative des réseaux de soins), et notamment Santéclair qui dénonce de son côté, dans cette polémique, une approche biaisée et fantasmatique…

Mais les organisations unies à l’occasion de cette prise de parole collective n’en démordent pas, elles : elles n’ont de cesse de répéter que « les données de santé ne peuvent être traitées comme des données ordinaires. Leur diffusion à des tiers fait peser un risque avéré sur la vie privée des patients mais aussi sur l’indépendance du parcours de soins. » Pour Hugues Verdier-Davioud, décidément en première ligne sur ce dossier controversé, il ne fait pas de doute que la situation actuelle est un tournant : « L’accès à ces données permettrait de suivre l’évolution de certaines pathologies et d’en déduire d’autres informations médicales sensibles. Une fois ces données accessibles, il sera difficile de garantir qu’elles ne soient pas utilisées à d’autres fins. » Et l’intéressé de rappeler une nouvelle fois que « d’autres solutions existent pour lutter contre la fraude, tout en protégeant les données de santé », à commencer par la mise en place (s’agissant spécifiquement de l’optique) d'une blockchain à l’échelle de la filière. 

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