Les réseaux de soins prennent la main sur le contrôle de la traçabilité des verres
L’Association des plateformes de santé, qui réunit les principaux réseaux de soins (Santéclair, Kalixia, Carte Blanche…), annonce le déploiement « d’un dispositif de traçabilité des verres ophtalmiques » pour lutter contre la fraude.
« La traçabilité est un élément-clé pour s’assurer de la conformité et de la qualité dans un processus d’achat », fait valoir l’Association des plateformes de santé (APFS) - structure commune, rappelons-le, aux cinq principaux réseaux de soins que sont Carte Blanche Partenaires, Itelis, Kalixia, Santéclair et Sévéane - qui a annoncé hier son intention de déployer un « dispositif de référence » en matière de traçabilité des verres ophtalmiques. Selon nos informations, ce dispositif de contrôle est celui mis en place par Santéclair depuis cinq ans déjà pour son propre usage. Aujourd’hui, elle partage donc sa solution avec trois autres membres de l’APFS dans un premier temps : Itelis, Kalixia et Sévéane. Et Carte Blanche Partenaires ? Ce réseau n’est pas cité dans le communiqué de l’association.
On nous indique que les membres concernés « l’intégreront progressivement et chacun à son rythme à leur process de validation des prises en charge de verres ophtalmiques ». La solution retenue par l’APFS étant déjà opérationnelle depuis plusieurs années, les industriels du verre « les plus importants ont déjà procédé aux développements informatiques nécessaires pour la connexion de leur système d’information », nous est-il aussi signalé. Et s’agissant des opticiens ? L’APFS assure que « la mise en place de la solution ne nécessite pas d’évolution de leurs logiciels métier et que son utilisation, par les acteurs de la complémentaire santé en charge du tiers-payant, permet de limiter les demandes d’information complémentaire sur les verres postérieurement à la vente ».
Dans l’attente d’obtenir des éléments d’informations complémentaires - demandés dès hier par notre rédaction - sur cette généralisation d’un référentiel commun de contrôle des verres, on peut d’ores et déjà dire que les réseaux de soins entendent donc prendre la main sur le sujet de la traçabilité. Et ce faute d’une solution de blockchain adoptée au niveau de la filière en raison de divergences persistantes entre les différentes instances représentatives professionnelles, côté opticiens comme côté fabricants. Pourquoi l’APFS se positionne-t-elle aujourd’hui sur ce dossier longtemps grippé ? Le choix de ce timing s’explique probablement en partie pour peser - l'association affichant ainsi son volontarisme auprès du législateur - dans le débat tendu qui entoure l’article 5 du projet de loi sur les fraudes sociales et fiscales, et qui sera à nouveau bientôt examiné par les députés...
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