Les hommes et les femmes consomment-ils l’optique différemment ? La question est légitime et, on va le voir, les réponses ne sont pas forcément celles attendues. Voyons voir les chiffres en notre possession. Sens de la mode plus poussé chez elles aidant, on pourrait d’abord penser que les femmes renouvèlent plus régulièrement leur équipement. Eh bien non : pour ces messieurs comme pour ces dames, la fréquence de renouvèlement s’établit à 2,7 ans en moyenne. Ils ne sont que 9 %, chez les unes comme les autres, à changer de lunettes chaque année. Regardons ensuite le niveau du panier moyen (prix moyens facturés par l’opticien, monture + verres) : ils sont pratiquement similaires. Pour un équipement unifocal, les femmes déboursent 273 euros et les hommes 293 euros. Côté progressifs, ces dames dépensent 554 euros et ces messieurs 571 euros en moyenne. On le voit, il n’y a pas tant de différences que cela. Enfin, si on se penche sur le classement des critères de choix selon leur ordre d’importance, on notera là encore des similitudes. Pour les hommes, l’esthétique (38 %), la légèreté/confort (27 %) et le prix des montures (13 %) importent avant tout. Du côté des femmes, le tiercé est presque le même, seules les proportions varient : esthétique (47 %), prix des montures (23 %), légèreté/confort (19 %). On aurait pu croire que les femmes montreraient plus d’attachement à la marque ou à la griffe, mais non : cela compte pour seulement 7 % d’entre elles…

Ces chiffres en tête, quelles conclusions en tirer pour l’opticien ? Le critère du genre ne me semble pas si déterminant. Les indicateurs globaux que nous avons présentés montrent une relative ressemblance entre les hommes et les femmes dans leurs actes d’achat optique, de même en termes de panier moyen et de fréquence de renouvellement. Ce qui doit donc primer pour l’opticien ce n’est pas l’approche générale par le sexe, mais l’approche ciblée par les besoins, couplée, bien sûr, à une problématique de budget. Au fond, il y a sans doute plus de différences entre deux femmes (ou deux hommes) qu’entre les femmes et les hommes. C’est donc vraiment la personnalisation qu’il faut travailler. Lors de la prise en charge du consommateur, s’en tenir à une segmentation psychologique aussi basique que celle-ci, homme/femme, n’est pas, à mon sens, pertinent. L’opticien doit tout de suite voir au-delà de ça.

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