Régulièrement, nous proposerons ici une sélection de citations : déclarations piochées dans la presse, propos entendus à la télé, à la radio ou lors de conférences-débats, ou encore lus sur internet. Dans ces citations, il n’est pas directement question d’optique-lunetterie… du moins en apparence. Ces opinions nous semblent en effet avoir une certaine pertinence du point de vue du secteur, présentement ou pour l'avenir. À méditer, donc._SD.

La data, nouvel or noir

« La donnée, la data, c’est l’or noir du 21ème siècle. »

Nicolas Bouzou, économiste et directeur du cabinet de conseil Asterès dans l’émission C dans l’air du 17 mars intitulée « Les géants du net sont-ils au-dessus des lois ? »

Intelligence artificielle et santé : l’expertise de la France

« Les expérimentations (en matière d’intelligence artificielle_ndlr) concernent tous les secteurs. Mais pour une vraie politique industrielle, notre rapport (qu’il remettra le 29 mars au gouvernement, en conclusion d’une mission sur l’intelligence artificielle_ndlr) insistera sur les transports, la santé, l'environnement et la défense, des domaines dans lesquels l'Europe et la France ont une vraie expertise et dans lesquels l'État peut apporter une forte valeur ajoutée au virage de l'IA ».

Cédric Villani, député LREM et mathématicien médaillé Fields, dans Le Journal du Dimanche du 4/3/18, p.16.

Algorithmes, tendances et création des produits

« L’intelligence artificielle existe déjà dans le secteur du mass-market. Certaines enseignes ont recours à des algorithmes qui leur permettent de capter de façon quotidienne les couleurs, les matières, les tendances qui ressortent sur les réseaux sociaux. Toutes ces données analysées en parallèle avec les chiffres de vente dans les magasins sont envoyées aux designers pour les aider à dessiner des produits susceptibles d’appâter le plus grand nombre. »

Nicolas Latour, fondateur de l’agence en transformation et innovation digitales Fingal, dans Madame Figaro du 23/02/18 pp. 201-202.

Vers une personnalisation des objets

« Il s’agit (la plasticité artificielle) de la capacité d’adaptation et d’autonomie, la possibilité de modifier son fonctionnement en prenant en compte son environnement. (…) Je pense qu’un jour les intelligences artificielles seront capables de s’adapter à leur utilisateur : mon ordinateur ne fonctionnera pas comme le vôtre. L’interaction personnalisée lui permettra de répondre différemment. La reconnaissance faciale dont est équipé le dernier iPhone est une petite préfiguration de ce qui nous attend demain. »

Catherine Malabou, philosophe, dans un entretien au trimestriel Usbek & Rica (hiver 2018), p. 74.

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Fabrication française : traquer les truqueurs

« Nous faisons le pari de la responsabilité du consommateur, du pouvoir qu’il a de choisir son achat. Et comme la marque France a une valeur, il faut lutter contre ceux qui s’emparent de cette valeur sans produire en France. Car, derrière ce combat, il y a des usines, des emplois. »

Yves Jégo, député-maire et ancien ministre, à l’origine du label Origine France Garantie, interviewé par le magazine Univers Made in France n°2 (2017), p. 8.

Penser le futur à travers la technologie

« Il est difficile de penser le monde de demain sans la technologie, ce qui ne veut pas dire qu’il faut tout accepter d’elle, qu’il ne faille pas la critiquer. Mais je ne pense pas qu’on puisse parler du futur et faire de la philosophie aujourd’hui quand on ne s’intéresse pas aux technologies de type intelligence artificielle. »

Laurent Alexandre, chirurgien, neurobiologiste, énarque, fondateur de Doctissimo et de plusieurs entreprises de high-tech, auteur de La guerre des intelligences : comment l'intelligence artificielle va révolutionner l'éducation (Lattès, 2017), sur France-Culture, le 23/12/17, dans l’émission Répliques intitulée « L’exploration du futur : transhumanisme et intelligence artificielle »

Vers une industrie de haute technologie

« L’industrie française n’est pas tirée d’affaire, mais elle va clairement mieux. Cette année, pour la première fois depuis 2009, il y a eu plus d’ouvertures que de fermetures d’usines. C’est une excellente nouvelle. Je crois à la France des usines, à l’industrie et au monde ouvrier. Comme le Premier ministre l’a dit lors du Conseil national de l’industrie du 20 novembre, le gouvernement souhaite accélérer ce mouvement de reconquête. C’est le cap qu’a fixé le président de la République, celui d’une industrie de haute technologie qui innove et qui monte en gamme. C’est ce qui nous permettra de voir s’ouvrir de nouvelles usines et de créer des emplois partout en France ».

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, dans un entretien accordé à L’Usine nouvelle (19/12/17).

Quand les prévisionnistes se trompent

« Les erreurs de prévision de 2017 reflètent les erreurs que les hommes ont commises depuis que nous avons commencé à penser l'avenir. Chaque prévisionniste sait que les économies fluctuent constamment, oscillant autour d'une ligne de tendance à long terme. Pourtant, les prévisions extrapolent généralement les tendances actuelles en ligne droite, de sorte que la vision de demain ressemble beaucoup à celle d'aujourd'hui, ce qui est souvent invraisemblable. Il y a un an, les prévisionnistes pensaient que 2017 ressemblerait à 2016. Or l'économie mondiale a connu sa meilleure année depuis la crise financière de 2008 ».

Ruchir Sharma, directeur de la stratégie à Morgan Stanley Investment Management, dans les pages « Opinions et commentaires » du New York Times international weekly du 9/01/18 (traduit de l'anglais).

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Digitaliser les petits commerces

« Aujourd’hui on dispose de moyens pour digitaliser y compris l’offre des petits commerces (…). Si le petit commerce s’approprie les outils du digital, je pense qu’il survivra car les Français aiment les points de vente physiques. »

Pascal Perri, économiste, dans l’émission C dans l’air du 14 décembre sur le thème « Edouard Philippe au chevet des petits commerces ». 

Réindustrialisation de la France ?

« L’industrie cesse de décliner en partie parce que les délocalisations ont freiné. Mais elle ne regagne pas de terrain pour autant. »

 El Mouhoub Mouhoud, professeur d’économie à Paris-Dauphine, cité dans un article sur le site de L’Usine nouvelle (19/12/17).

Un regard philosophique sur la réalité virtuelle

« La réalité virtuelle est un sujet passionnant d’enquête de philosophie des techniques. Pour moi, il entre dans le panthéon de ces objets qui représentent un mythe de la technicité comme l’intelligence artificielle, la robotique sociale… On y postule une technologie parfaite et achevée. Le mythe, c’est que l’objet technique sera suffisamment technique pour s’abolir en nature, pour disparaître en tant qu’objet technique. Il va devenir transparent. La réalité virtuelle représente un mépris de la réalité des interactions techniques, où on aménage avec l’objet une zone de fonctionnement, où notre propre corps gère la zone d’indétermination du dispositif. On ‘fait avec’ les objets techniques. Ce qu’on supprime, quand on parle de réalité virtuelle, c’est la part humaine de technicité. »

Mathieu Triclot, philosophe, dans Libération (21/12/17, p. 24)

« Nous réinterroger sur la place de chacun »

« Nous sommes arrivés à un moment de notre histoire collective où, à l’instar des mutations profondes que nous vivons sur le plan technologique, écologique, économique ou sur les formes du travail par exemple, il nous faut réinventer l’action au service de l’intérêt général : l’État, les collectivités, la société civile, le monde économique, le citoyen lui-même…, nous devons tous nous réinterroger, être créatifs pour innover non seulement sur les solutions apportées, mais aussi sur la place de chacun. »

Christophe Itier, haut-commissaire à l’Économie sociale et solidaire et à l'Innovation sociale, dans une interview à Alternatives Économiques (novembre 2017, n°373, p. 90).

Attractivité de la PLV

« 63% des Français se sentent plus proches d’une marque qui communique en magasin. C’est dire l’intérêt de l’annonceur à être présent sur le point de vente. En accompagnant le shopper dans son parcours d’achat, la PLV crée un certain affect avec l’annonceur. »

Sandrine Jean, directrice de Popai France (l’association des acteurs de la PLV), commentant lors d'une conférence en décembre le baromètre Harris Interactive sur le marketing au point de vente 2017.

L’intelligence artificielle vue par un psy

« L’intelligence artificielle c’est pour beaucoup de gens, toujours, ce à quoi ils n’ont pas encore affaire. Et dès qu’une intelligence artificielle s’installe dans une machine et qu’on s’habitue à l’utiliser, dès que cette machine fonctionne de manière automatique, comme le métro par exemple, on oublie que c’est de l’intelligence artificielle. En fait, on la voit toujours où elle n’est pas et on a tendance à ne pas la voir où elle se trouve. C’est le paradoxe. »

Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste et docteur en psychologie, lors de l’émission C dans l’air du 30/12/17 intitulée « Intelligence artificielle : doit-on s'en méfier ? »

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Dépenses de santé : toujours plus de pression sur les prix ?

« Au cours des dernières années, on a réussi assez bien à maîtriser la croissance des dépenses de santé mais en jouant essentiellement sur les pris (…). Cette logique consistant à jouer uniquement sur les prix ne peut pas durer indéfiniment. Il faut sortir de cette logique ».

François Ecalle, ancien rapporteur général de la Cour des Comptes, président de Fipeco.fr, lors de l’émission C dans l’air du 30 novembre sur le thème « Coût de la santé : le rapport qui accuse ».

Crise de confiance généralisée

« Il existe une perte de confiance vis-à-vis des experts, des industriels et des décideurs institutionnels et politiques. »

André Grimaldi, diabétologue, et Jacques Young, endocrinologue, dans une tribune parue dans Le Journal du Dimanche (19/11/17, p. 39)

La Fontaine manager ?

« Il est urgent de lire (ou relire) ‘Les Membres et l’Estomac’, un court texte (de La Fontaine) qui révèle l’importance du bien commun dans une organisation : si chaque organe ne pense qu’à lui-même et nie l’intérêt d’un organe central, tout dépérira, le centre (l’estomac) comme les activités diverses (les membres). »

Jean Grimaldi d’Esdra, directeur pédagogique à l’Edhec Management Institute, dans Management (novembre 2017, p. 87).

Intelligence artificielle et santé connectée

« L’intelligence artificielle multipliera par deux la croissance en Europe avec des gains de valeur ajoutée décisifs. Nous devons (La France_ndlr) afficher notre leadership dans la santé numérique et connectée. »

Christian Nibourel, président d’Accenture France et Benelux, le 30 novembre, lors de l’European Business Day à l’université Paris-Dauphine.

Délégations : résistance des médecins

« Dans notre vieille France (…) traditionnellement centralisée, les médecins renâclent à laisser la place à des professionnels de formation plus courte qui pourraient les seconder avantageusement dans de nombreuses tâches. »

Guy Vallancien, membre de l’Académie de médecine,  dans les pages « Idées & débats » des Échos du 2/11/17, p. 9.

Le maillage industriel selon Gallois

« Le tissu industriel a rétréci et il y a des maillons manquants. Les entreprises, les branches et filières industrielles, encouragées par l’État, devraient faire l’inventaire de ces chaînons manquants, regarder si on peut les reconstituer de manière compétitive, structurer le tissu existant pour le rendre plus résistant, comme le fait l’industrie aéronautique. »

Louis Gallois, président de La Fabrique de l’industrie, dans une interview à Marianne (10/11/17, p. 36).