On ne le dira jamais assez : les opticiens doivent soigner leurs relations avec les ophtalmologistes. Ils doivent chercher à se poser en interlocuteurs privilégiés des médecins dont ils peuvent être appelés à devenir, demain, des relais sur le terrain, par exemple pour ce qui concerne la contactologie et la basse vision. Je m’explique : force est de constater que la démographie des médecins décline chaque année davantage alors que les besoins visuels, eux, augmentent toujours plus. Le seul schéma d’avenir possible c’est donc celui de la coopération renforcée entre les « 3 O », ophtalmos, orthoptistes et opticiens. Tous les médecins sont-ils enclins à travailler étroitement avec les opticiens ? Oui et non, tout dépend des générations, comme l’indiquent nos études. Moins de 30 % des ophtalmos âgés de plus de 60 ans y sont favorables. En revanche, la disposition au rapprochement avec les professionnels de santé que sont les opticiens est beaucoup plus élevée chez les 30-44 ans : les praticiens de cette tranche d’âge se déclarent prêts à collaborer avec les opticiens pour 43 % d’entre eux. On le voit, il y a clairement une différence de perception entre les jeunes et les aînés. Si on se projette à court terme, cela veut dire que l’opticien d’aujourd’hui sera d’ici quelques années perçu par la nouvelle génération de prescripteurs comme un prestataire de santé visuelle à part entière. Dans cette perspective, on ne saurait trop conseiller aux opticiens de se former encore et encore et de se spécialiser, à travers un cursus post-BTS ou dans le cadre de la formation continue. Investir dans le développement d’une expertise – adaptation en lentilles, prise en charge de la basse vision, compétences solides en réfraction, etc. – est le prérequis de toute relation de confiance avec l’ophtalmologiste qui veut pouvoir compter sur un référent à la fiabilité éprouvée. Pour l’opticien, cette qualification renforcée est un élément différenciateur face à la concurrence. Et pour le médecin, c’est gage de sérieux et de crédibilité au moment où il doit décider d’orienter sa patientèle. Bref, tout principe de recommandation repose sur ce lien de confiance qui s’entretient au quotidien et sur le long terme.

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