"Les soins dentaires et optiques sont l'un des prochains chantiers du gouvernement", a annoncé Marisol Touraine, hier, dans les colonnes du JDD. La ministre de la Santé estime "qu'en la matière, les Français sont mal remboursés. (...) L'engagement disparate des organismes complémentaires n'a pas compensé cette situation". Quand le gouvernement prévoit-il de s'attaquer à ce dossier, Mme Touraine ne l'a pas précisé. Cela dit, elle a commencé à avancer quelques pistes : "Il faut d'abord réguler le prix des lunettes et des prothèses dentaires. La tarification de ces produits doit être mieux encadrée et l'information des patients améliorée". Sans surprise, elle se prononce d'autre part pour "le développement de réseaux de soins et de magasins agréés par les mutuelles" qui permettent, selon elle, "aux assurés de bénéficier de tarifs plus bas". Enfin, a-t-elle poursuivi, "je veux diminuer les délais d'attente très élevés pour les consultations d'ophtalmologie". Prenant acte d'un constat que les ophtalmologistes eux-mêmes ont fait depuis bien longtemps, elle formule un scénario qui, en revanche, ne devrait pas trop leur plaire, évoquant la possibilité que "certains examens très précis soient réalisés par les orthoptistes ou les opticiens". Est-ce là une porte ouverte aux revendications, de longue date, des opticiens-optométristes ? Madame la ministre n'en dira pas plus mais une chose est sûre : si le dossier des dépassements d'honoraires, qui vient de trouver sa conclusion avec un accord jeudi dernier, a fait l'objet d'âpres discussions, celui de l'optique ne manquera pas lui aussi de faire du bruit car tous les syndicats d'opticiens, d'optométristes, d'orthoptistes et d'ophtalmologistes sont déjà sur les rangs et, pour certains, sur les dents.